Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte face
Nous fêtons le 1er octobre la fête de Thérèse de Lisieux, docteur de l’Eglise et une sorte de Jeanne d’Arc planétaire. Sa spiritualité de l’enfance spirituelle s’est répandue comme un ouragan (PieXI). Elle promit qu’elle profiterait du ciel pour agir et a tenu parole. Il suffit de lui demander quelque chose pour l’obtenir et souvent de manière enjouée.
Ses parents eurent 9 enfants et les 5 qui survécurent devinrent religieuses dont 4 carmélites. On a béatifié ses parents. Dans ce milieu privilégié Thérèse se prépara à entrer au Carmel à 15 ans et y mourut à 24 ans.
L’Histoire d’une âme raconte sa vie, mais il faut aussi lire la position rédigée pour la canonisation qui montre que tout n’était pas facile malgré la présence de ses sœurs au carmel. Elle faisait les choses ordinaires de manière vraiment surnaturelle. Jean Guitton parle d’un génie religieux, il faudrait dire qu’elle a été l’héroïne d’un amour passionné pour Jésus qui le lui rendait. Nombre de saintes ont vécu cette intensité d’amour, mais avec Thérèse pas de phénomènes mystiques particuliers et beaucoup d’humour dans son amour. D’une étonnante maturité elle reste une enfant à laquelle on résiste difficilement même le ciel doit se laisser faire.
Elle a souffert et a même cru avoir perdu la foi.Il y a eu près de 100 000 religieuses dans le dernier tiers du XIX en France et Thérèse est comme la fleur de ce prodigieux jaillissement de vocations. Lorsqu’elle meurt en 1897 la France laïque se prépare à la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans un climat polémique qui culminera avec l’Affaire Dreyfus et la loi de 1905.
Son œuvre remplit 1200 pages environ comprenant des lettres, une autobiographie (manuscrits A, B, C) des poésies, des pièces, dont une longue dramatique sur Jeanne d’Arc (40 pages) et des entretiens (carnet jaune).
Ce qui est remarquable c’est la persistence, vraiment mondiale, de la popularité de Thérèse. Elle n’intimide pas, mais son radicalisme en impose. Les récits des amours humaines occupent une bonne partie de la littérature disponible et Thérèse réussit à vivre une authentique histoire d’amour dont Jésus est le Héros merveilleux et elle la princesse toute trouvée.
L’orgueil et même la vanité n’ont aucune place dans ce conte surnaturel plus vrai que tous les rêves où l’humilité règne sans partage, c'est-à-dire la vérité.
Pour des lecteurs contemporains qui n’ont ni possibilité ni la volonté de devenir carmélites, la personnalité de Thérèse est un peu énigmatique mais exerce une attirance par sa manière de simplifier les choses alors que la vie est compliquée et souvent difficile à mener dans l’esprit de l’Evangile.
L’esprit du monde souffle comme ces cyclones qui ne laissent pas grand-chose sur leur passage.
Ajoutons que Thérèse est carrément photogénique quoique les peintures et les statues la défigurent de manière infortunée. Les photos excellentes suffisent, mais on veut de la couleur et la malheureuse, qui est bienheureuse par ailleurs, doit s’y prêter avec humour.
Thérèse incarne l’esprit d’enfance qu’il ne faut pas confondre avec l’enfantillage qui en est la parodie.
La nature humaine n’est pas celle de l’ange et si l’humanité est un peu au-dessous de la nature angélique, elle l’emporte du fait que Dieu a pris, avec l’Incarnation, cette nature humaine. Les anges adorent Dieu sous cette forme mystérieusement abaissée pour mieux nous rencontrer.
Thérèse a parfaitement compris cette descente de l’Amour et son intrépidité en a fait la patronne des missions et, comme Jeanne d’Arc qu’elle voulait imiter, on peut dire qu’elle a péri les armes à la main.